Quand envisager une chirurgie bariatrique ?

L’indication ne dépend pas uniquement du poids ou de l’IMC.

La chirurgie bariatrique peut être envisagée dans certaines situations d’obésité lorsque les critères médicaux sont réunis et qu’une prise en charge non chirurgicale adéquate n’a pas permis d’obtenir un résultat suffisant et durable.
La décision repose sur une évaluation personnalisée et multidisciplinaire prenant en compte le parcours pondéral, l’état de santé, les traitements déjà entrepris et la capacité à participer à un suivi à long terme.

Les principaux critères chez l’adulte

En Suisse, l’indication à une chirurgie bariatrique répond à des critères médicaux définis par la Swiss Multidisciplinary Obesity Society (SMOB).

Chez l’adulte, une chirurgie bariatrique peut notamment être envisagée lorsque les conditions suivantes sont réunies :

Ces critères permettent de déterminer si une chirurgie peut être envisagée. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer quelle intervention serait adaptée à une personne donnée.

IMC ≥ 35 kg/m²

Illustration de l’évaluation de l’IMC avant une chirurgie bariatrique

Un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 35 kg/m² constitue actuellement l’un des critères d’indication à une chirurgie bariatrique chez l’adulte, selon les recommandations SMOB.

Traitement préalable de l’obésité

Illustration du parcours thérapeutique avant une chirurgie bariatrique

Une prise en charge adéquate visant à réduire le poids doit avoir été entreprise pendant une durée cumulée d’au moins deux ans, sans permettre d’obtenir et de maintenir un IMC inférieur à 35 kg/m².

Compréhension du traitement

Illustration de l’information et de la compréhension avant une chirurgie bariatrique

Le patient doit comprendre les changements nécessaires après l’intervention, notamment concernant l’alimentation, le mode de vie et le suivi médical.

Engagement dans le suivi

Illustration du suivi médical à long terme après une chirurgie bariatrique

La chirurgie implique l’acceptation d’un suivi bariatrique à long terme, à vie, au sein d’une prise en charge spécialisée, en lien avec le médecin traitant et les autres thérapeutes impliqués.

L’IMC est important, mais il ne dit pas tout.

Une évaluation qui va au-delà d’un chiffre

L’IMC constitue un élément important dans l’évaluation de l’indication chirurgicale, mais il ne décrit pas à lui seul la situation médicale d’une personne.

Deux patients présentant un IMC identique peuvent avoir des parcours, des maladies associées, des habitudes alimentaires, des traitements et des besoins très différents.

L’évaluation prend donc en compte l’ensemble de la situation clinique.

IMC et histoire pondérale

Illustration de l’évaluation de l’IMC et de l’histoire pondérale avant une chirurgie bariatrique

Évolution du poids au cours du temps.

Maladies associées

Illustration des maladies associées à l’obésité prises en compte avant une chirurgie bariatrique

Diabète, hypertension, apnées du sommeil et autres conséquences de l’obésité.

Comportement alimentaire

Illustration de l’évaluation du comportement alimentaire avant une chirurgie bariatrique

Habitudes alimentaires et relation à l’alimentation.

État de santé général

Illustration de l’évaluation de l’état de santé général avant une chirurgie bariatrique

Antécédents médicaux, chirurgicaux et traitements.

Situation individuelle

Illustration de l’évaluation personnalisée des attentes et objectifs avant une chirurgie

Attentes, objectifs et compréhension des différentes possibilités.

Suivi à long terme

Illustration du suivi médical et nutritionnel à long terme après une chirurgie bariatrique

Capacité à participer durablement à la prise en charge.

Et en cas de diabète de type 2 ?

La chirurgie peut également être discutée dans certaines situations particulières où l’objectif thérapeutique porte notamment sur le contrôle métabolique : on parle alors de chirurgie métabolique.

Les recommandations de la Swiss Multidisciplinary Obesity Society (SMOB) prévoient la possibilité d’une chirurgie métabolique chez certains patients présentant un diabète de type 2 insuffisamment contrôlé malgré une prise en charge médicale optimale, avec un indice de masse corporelle compris entre 30 et 35 kg/m².

Il s’agit d’une indication spécifique, posée de manière interdisciplinaire, notamment avec un endocrinologue. Un IMC compris entre 30 et 35 kg/m² ne constitue donc pas, à lui seul, une indication à une chirurgie métabolique.

Et chez l’adolescent ?

Chez l’adolescent, l’indication à une chirurgie bariatrique répond à des critères et à un encadrement spécifiques. Ces situations sont adressées à un centre de référence disposant d’une équipe dédiée à l’évaluation et à la prise en charge de l’obésité chez l’adolescent.

Quelle place pour les traitements déjà entrepris ?

La prise en charge de l’obésité peut associer différentes approches : accompagnement nutritionnel, activité physique adaptée, prise en charge comportementale ou psychologique lorsque cela est indiqué, et traitements médicamenteux dans certaines situations.

Dans le cadre suisse actuel, la chirurgie bariatrique s’intègre dans une prise en charge globale de l’obésité et n’est pas considérée comme un traitement de première intention.

L’objectif du bilan n’est pas de considérer les traitements précédents comme des échecs personnels, mais de comprendre leur nature, leur durée, leurs résultats et l’évolution du poids au cours du temps.

Le bilan avant de décider

Lorsqu’une chirurgie peut être envisagée, plusieurs dimensions doivent être évaluées avant de prendre une décision.

  1. Évaluation médicale — état de santé général, maladies associées, antécédents et traitements.
  2. Évaluation nutritionnelle — habitudes alimentaires, parcours pondéral et prise en charge nutritionnelle.
  3. Évaluation psychologique ou psychosomatique — identification des éléments susceptibles d’influencer la préparation, le comportement alimentaire ou le suivi.
  4. Bilan préopératoire — examens complémentaires adaptés à la situation individuelle et à l’intervention envisagée.
  5. Décision thérapeutique — discussion des différentes possibilités, de leurs bénéfices, contraintes et risques.

Les recommandations SMOB prévoient une prise en charge dans un centre reconnu disposant d’une équipe multidisciplinaire et d’un processus standardisé d’évaluation et de suivi. Le Centre de l’Obésité et du Métabolisme de la Côte, au GHOL, est un centre reconnu SMOB.

Existe-t-il des situations où la chirurgie doit être différée ?

La présence des critères d’indication ne signifie pas automatiquement qu’une intervention peut être réalisée immédiatement.

Certaines situations médicales, psychologiques ou comportementales peuvent nécessiter une prise en charge complémentaire, une stabilisation ou une réévaluation avant une éventuelle chirurgie.

La décision repose donc sur le rapport entre les bénéfices attendus, les risques et la capacité à assurer le suivi nécessaire après l’intervention.

L’objectif du bilan n’est pas seulement de déterminer si une chirurgie est possible, mais également de s’assurer qu’elle puisse être réalisée dans les meilleures conditions possibles.

Sleeve, bypass ou anneau : quel choix ?

Il n’existe pas une intervention bariatrique idéale pour tous les patients.

Lors d’une sleeve, une partie importante de l’estomac est retirée pour créer un estomac tubulaire. Le circuit intestinal n’est pas dérivé.

Lors d’un bypass, une petite poche gastrique est créée et reliée à l’intestin grêle. La majeure partie de l’estomac reste en place mais n’est plus traversée par les aliments.

L’anneau gastrique consiste à placer un dispositif ajustable autour de la partie supérieure de l’estomac. Son utilisation est aujourd’hui plus limitée que celle de la sleeve ou du bypass.

Ces différences ont notamment des conséquences sur les mécanismes d’action, le reflux gastro-œsophagien, le risque de certaines carences et les complications spécifiques de chaque intervention.

Le choix entre sleeve gastrectomie, bypass gastrique, anneau gastrique et autres stratégies thérapeutiques repose sur une évaluation individuelle.

Plusieurs éléments peuvent intervenir dans cette décision :

  • l’IMC et l’histoire pondérale ;
  • les habitudes et le comportement alimentaires ;
  • la présence d’un diabète ou d’autres maladies métaboliques ;
  • la présence d’un reflux gastro-œsophagien ou d’une hernie hiatale ;
  • les antécédents médicaux et chirurgicaux ;
  • les traitements médicamenteux ;
  • les attentes et préférences du patient.
Comparaison anatomique entre la sleeve gastrectomie et le bypass gastrique

La décision est prise après un bilan complet et une discussion avec le patient au sein d’une prise en charge multidisciplinaire.

Il ne s’agit pas de choisir l’opération la plus performante dans l’absolu, mais celle qui correspond le mieux à la situation du patient.

Questions fréquentes :

Selon les recommandations SMOB actuellement en vigueur, une chirurgie bariatrique peut être envisagée chez l’adulte à partir d’un indice de masse corporelle de 35 kg/m² lorsque les autres conditions nécessaires sont réunies.

Dans certaines situations métaboliques particulières, notamment chez certains patients présentant un diabète de type 2 insuffisamment contrôlé et un IMC compris entre 30 et 35 kg/m², une chirurgie métabolique peut être discutée sous des conditions spécifiques et dans un cadre interdisciplinaire.

Une prise en charge adéquate visant à réduire le poids fait partie des conditions habituelles chez l’adulte, en l’absence de résultat suffisant et durable malgré ce traitement.

Oui. Le diabète de type 2, l’hypertension, les apnées du sommeil et d’autres maladies associées participent à l’évaluation globale de la situation et peuvent influencer la stratégie thérapeutique.

Le fait de remplir les critères permet d’envisager une chirurgie, mais ne détermine pas automatiquement l’intervention. Le choix de la technique nécessite une évaluation individualisée.

Les recommandations SMOB prévoient un engagement dans un suivi bariatrique à long terme. Ce suivi fait partie intégrante du traitement.

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